Sonnez les matines

Shawn Cotton
Photo: Евгения Егорова
Publié le :
Poésie

Sonnez les matines

Je ne pleure pas sur l’idée fanée d’une révolution

je dors sur la grenade

du gène plein les sangs

j’ai beaucoup de livres, parfois je ne suis que la

somme de mes influences

je rêve de hockey, de famine

de goudron & de vampires

je m’amuse que je crève de faim 30 000 fois à

chaque seconde, j’ai dû vouloir donner

10 000 baisers, j’ai dû me censurer

10 000 fois et chacune d’elles est un cratère

sur mon envie

—passent les vents & les asiles

(J’avais un mythe,

j’ai du désert —

on ne répare pas le cœur)

j’ai la jeunesse qui attend son cancer,

mieux que mes bois

j’avais mes civilisations

je me pose les ailes pleines d’essence

ça sent la damnation au creux du sein vidange—

les petites guerres

ça s’oublie, plus rien n’existe

je garde ma monnaie


Poète, acteur, musicien, aspirant dj, hockeyeur en bottines, traducteur de Ginsberg, Shawn Cotton anime aussi la maison d’édition Le Cosmographe. Il a publié deux recueils de poésie: Jonquière LSD (l’Écrou, 2010) et Les armes à penser (L’Oie de Cravan, 2012), dont est issu «Sonnez les matines». 

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