Se présenter aux élections est un luxe
Qui peut vraiment mettre sa face sur un poteau en 2025?
Dans sa langue prise entre Shediac, Moncton et Montréal, ce·tte poète originaire du Nouveau-Brunswick revendique le droit de diverger du français des autres pour créer des œuvres qui lui ressemblent.
L’insécurité linguistique, c’er la thing qui arrive quance que des forces externes te font feeler tellement bad about la way que tu parles, que tu end up à te censurer pis tu arrêtes de t’exprimer de façon authentique. C’er un terme important pour contextualiser une partie universelle des minorités linguistiques, but chu fucking tanné·e d’en parler!
Le terme «insécurité linguistique» peut être usé dans plein de contextes. D’habitude though, on le use quance que du monde en position de privilège dans la hiérarchie francophone nous font feeler comme de la marde, nous autres qui parlent pas le «bon» français. But, pourquoi’ce que j’userais un terme qui encourage un narrative de victimisation me rendant responsable de l’ignorance des autres?
Ej pourrais passer une vie à raconter les différentes microagressions qui m’ont fait feeler insécure dans ma langue maternelle, but la pire qui revient le plus souvent, c’er quance que les Québécois·es barf up des mauvaises impressions caricaturales de moi, right en avant de ma face, unprovoked. Me jokes-tu? Pourtant, quance que les Québécois·es se font corriger par un·e Français·e pis zeux feelent de la frustration, on les victime blame pas, on acknowledge leur microagression.
En tant qu’Acadien·ne qui parle pis écrit le chiac—un dialecte francophone riche en histoire pis en culture—, chu tanné·e de me définir par un terme qui me place perpétuellement en infériorité par rapport au français des autres. C’er pour ça que from now on, ej va laisser les autres dealer avec leurs own insécurités face à la way qu’ej parle, pis moi, ej va leader avec l’euphorie linguistique.
Leader avec l’euphorie
Pour moi
C’er quance qu’ej roule mes r
C’er quance qu’ej parle à mes friends
C’er quance qu’ej parle aux étoiles
Leader avec l’euphorie
Pour moi
C’er user des mots en anglais
C’er user des adjectifs en anglais
C’er écrire «ére»
C’er dire lobster roll
C’er te faire servir en anglais
C’er blette
C’er échureau
C’er subler
C’er toutes les mots
Pis les moments
Qui rendent ma vie
Fondamentalement différente de la tienne
But toujours aussi belle
La mer pis ma mére sont pas la même chose
Même si yelles sont semblables dans leur force
Partager cte beauté-là
Ça se fait pas quand t’er insécure
Y’a tellement de power dans les différentes way que différentes personnes parlent, pis ej veux p’us vivre dans le shadow d’une hiérarchie francophone. Le 6 mars, mon premier recueil de poésie, des fleurs comme moi, est sorti. C’er écrit complètement en chiac pis oui, y’a des «fautes», y’a un accent pis y’a des expressions acadiennes. Pis I hope que le monde vont choisir de voir mon euphorie, à la place d’assister à l’invisibilisation de mon dialecte.
Xavier Gould est poète, artiste de théâtre et dragqueen. Iel se produit d’ailleurs sur les scènes du Nouveau-Brunswick et du Québec sous le nom de Chiquita Mére. On le·a connait aussi pour ses vidéos TikTok vraiment très drôles, parfois tournées avec l’autre reine acadienne Sami Landri—sa tendre moitié.
Pour aller plus loin
des fleurs comme moi, un recueil de poésie de Xavier Gould publié aux Éditions Prise de parole
«(In)sécurité linguistique: de quoi parle-t-on?», Université d’Ottawa, 9 mars 2021
Qui peut vraiment mettre sa face sur un poteau en 2025?
À l’heure où l’urgence climatique redéfinit nos habitudes de consommation, le lin s’impose comme l’un des textiles du futur. S’habiller de lin, c’est faire bien plus qu’un choix vestimentaire: c’est, selon notre collaboratrice, un acte de conscience.
À Rouyn-Noranda, des voix s’élèvent encore, plus éraillées que jamais, contre la Fonderie Horne et ses émissions d’arsenic dans l’air. Voici un extrait d’un texte qui trouve sa place dans «Zones sacrifiées», le plus récent Brûlot des Éditions du Quartz.
Au Québec, la critique musicale est en voie d’extinction. À l’heure où l’avenir semble incertain pour Le Canal Auditif, son rédacteur en chef fait valoir l’importance de son travail, son rôle d’agent de découvrabilité mis au service du public et de l’écosystème artistique d’ici.