Et si notre société conservait des traces de zoos humains?

Daphnée Poirier
credit: Photo: Marc Lautenbacher
Photo: Marc Lautenbacher
Publié le : mercredi 8 juin 2022
Idées

Et si notre société conservait des traces de zoos humains?

L’autrice Daphnée Poirier réfléchit à la transformation des pow-wow en attrait touristique, une initiative qui, dit-elle, a pour effet de folkloriser la culture des Premières Nations. Un texte issu de son livre Pourquoi je ne suis pas une Indienne qui vient de paraitre chez Écosociété.

«Hambourg, Londres, Bruxelles, Chicago, Genève, Barcelone, Osaka... Toutes les grandes villes qui accèdent à la modernité exposent dans des zoos humains ceux qu’ils considèrent comme des sauvages. Sénégalais, Nubiens, Dahoméens, Égyptiens, Lapons, Amérindiens, Coréens et autres peuples dits exotiques sont ainsi présentés dans un environnement évoquant leurs contrées, souvent dans des costumes de pacotille et aux côtés de bêtes sauvages.Charline Zietoun, «À l’époque des zoos humains», CNRS Le Journal, no 263, 2011.1Charline Zietoun, «À l’époque des zoos humains», CNRS Le Journal, no 263, 2011.»

Phénomène très populaire dans différents pays occidentaux au temps des empires coloniaux à la fin du 19e siècle et au début du 20e siècle, les zoos humains étaient des expositions ethnologiques où des animaux et des humain·e·s dits «exotiques» étaient exhibé·e·s au public2On les présentait alors comme des «expositions d’ethnographie coloniale» ou des «villages indigènes» et ils furent montrés jusqu’à la Seconde Guerre mondiale.. Chaque grande foire de ce type avait son «village d’indigènes», offrant ainsi en spectacle des «sauvages» aux visiteur·euse·s, qui les trouvaient à la fois attirant·e·s et repoussant·e·s. 

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