Sur le fait de donner ce qu’on ne peut garder
Réflexions sur le passage de témoin et la survie de «Nouveau Projet» dans un monde en bouleversement. À travers la fumée des incendies, un quitte ou double sur notre avenir collectif.
C’est la fin d’une décennie, mais on a l’impression que, de bien des manières, c’est aussi la fin d’un monde.
Après dix années de rendez-vous manqués et de déceptions en tous genres, la question qui se présente aujourd’hui à nous, avec plus d’urgence que jamais: comment agir, être et juste continuer à vivre, à l’aube d’une époque qui promet d’ébranler les fondements mêmes de notre civilisation?
L’espoir, ce n’est pas la même chose que l’expectative. Ce n’est pas de l’optimisme, ou un plan. Ce n’est pas de savoir ce qui va arriver. Mais c’est une attitude qui permet de continuer à mettre un pied devant l’autre, vers l’inconnu.
Je marche sur l’ancien chemin forestier qui traverse ma terre, me penchant de temps à autre pour cueillir des fraises.
On est à la mi-juillet, ce devrait plutôt être le temps des framboises, mais la nature est en retard, cet été. Au printemps, par un effet domino, une chaleur record dans -l’Arctique nous a donné des températures très froides, dans le nord-est de -l’Amérique.
Il est tôt et le soleil perce la forêt encore brumeuse de rayons horizontaux, théâtraux. Plus tard aujourd’hui, il assèchera l’humus des sous-bois, le lit des ruisseaux et l’herbe des clairières, et en ville il créera une autre journée de smog et de canicule étouffante.
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Depuis les années 1960, le Québec a vu des progrès spectaculaires se réaliser. Mais cette période majeure de notre histoire est bel et bien terminée. Une nouvelle ère s’ouvre devant nous, plus trouble et difficile, au cours de laquelle, plus que jamais, nous ne pourrons compter que sur nous-mêmes.
Pour boucler l’année, une sorte de compilation autour de la valeur que nous accordons aux choses, aux idées et aux êtres.
L’effondrement arrive, a même possiblement déjà commencé. Plutôt que de nier le désastre, il est temps de préparer la suite en y consacrant tout ce qui nous reste de capacité à rêver.