Dix nuances de prix
Pour boucler l’année, une sorte de compilation autour de la valeur que nous accordons aux choses, aux idées et aux êtres.
Depuis les années 1960, le Québec a vu des progrès spectaculaires se réaliser. Mais cette période majeure de notre histoire est bel et bien terminée. Une nouvelle ère s’ouvre devant nous, plus trouble et difficile, au cours de laquelle, plus que jamais, nous ne pourrons compter que sur nous-mêmes.
François Legault se rendait à une réunion de son caucus, fin janvier, quand un journaliste l’a questionné sur la décision d’Amazon de fermer ses sept entrepôts québécois, annoncée ce matin-là. Le géant américain préférait renoncer à ses couteux investissements immobiliers plutôt que d’avoir à négocier avec des travailleurs syndiqués.
Dehors, bien au-delà des murs de l’Assemblée nationale, des hommes et des femmes étaient étendus dans les couloirs du métro de Montréal, les ploutocrates venaient de s’installer à la Maison-Blanche, Los Angeles brulait, la Terre était plus chaude qu’à n’importe quel point des 11 700 dernières années—et peut-être même depuis la période interglaciaire de l’Éémien, il y a 120 000 ans.
Mais notre premier ministre, pour toute réponse, a choisi d’y aller de l’un de ces traits d’esprit dont il a le secret. «Un, le Canadien a encore gagné. Deux, je n’ai pas bu de jus d’orange ce matin», a-t-il lancé avec bonhommie, sans prendre le temps de s’arrêter.
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L’effondrement arrive, a même possiblement déjà commencé. Plutôt que de nier le désastre, il est temps de préparer la suite en y consacrant tout ce qui nous reste de capacité à rêver.
Alors que les frontières se referment et que grandissent la peur de l’autre et le désir de nous retrouver «entre nous», quel espoir y a-t-il pour l’entraide dont nous avons si cruellement besoin, en ce moment critique?