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La santé au travail au cœur de la recherche à l’UQAR

Publié le : lundi 15 février 2021

La santé au travail au cœur de la recherche à l’UQAR

    «Je suis une chercheuse dans l’âme», lance Mahée Gilbert-Ouimet, titulaire de la chaire de recherche du Canada sur le sexe et le genre en santé au travail à l’Université du Québec à Rimouski. C’est la force du volet recherche de cette université et la possibilité de définir elle-même le programme de sa chaire qui ont guidé le choix de la chercheuse.

    Présenté par
    UQAR

    Le 2 décembre dernier était annoncé le programme de la chaire de recherche à laquelle Mahée Gilbert-Ouimet consacrera les cinq prochaines années de sa vie. Représentante de l’UQAR au concours de chaires de recherche du Canada, elle a attendu plusieurs semaines avant d’apprendre que son dossier avait été retenu—une réussite en soi, attendu que seulement 4% du corps professoral canadien ont une chaire de recherche du Canada. 

    «Avoir le champ libre est très attirant pour une chercheuse. Je suis tombée en amour avec l’UQAR, c’est un milieu hyper stimulant et collégial, dit-elle. L’université est bien connue pour ses activités de recherche en sciences, surtout en océanographie et en biologie marine, et dans les milieux ruraux. Mais ça ne s’arrête pas là, les domaines de recherche sont très variés.»

    Son intérêt pour son sujet de recherche ne date pas d’hier; la professeure agrégée en santé des populations l’étudie depuis 14 ans. Sa chaire de recherche est la première chaire de recherche du Canada du campus de Lévis de l’UQAR et la première chaire en santé des personnes jamais attribuée à ce campus par les Instituts de recherche en santé du Canada.

    «Cette chaire peut contribuer à positionner Lévis comme un moteur de recherche pour l’UQAR, croit-elle. Le campus est petit, mais très dynamique. Chacun y est reconnu pour ses réalisations.»


    S’attaquer aux sources du stress

    C’est aux «stresseurs psychosociaux» du travail que la chercheuse accorde la majeure partie de son attention. On compte quatre stresseurs principaux: la demande psychologique élevée imputable à la charge de travail et à ses particularités; l’absence ou l’insuffisance d’autonomie décisionnelle, qui comprend la sous-utilisation et le sous-développement des compétences professionnelles; la faiblesse du «filet social» créé par la solidarité entre collègues et l’appui des supérieurs; et le manque de reconnaissance, qui se traduit, pour l’employé, par une faible estime de soi, un sentiment d’insécurité par rapport à l’emploi et des perspectives de promotion et de rémunération ne concordant pas avec les efforts fournis.

    Le but? Trouver des stratégies pour réduire ces stresseurs associés à l’apparition de maladies chroniques, en particulier les problèmes de santé mentale, les troubles cardiovasculaires et le diabète de type 2. 

    • Mahée Gilbert-Ouimet

    Mahée Gilbert-Ouimet s’intéresse aussi de près aux effets des différences de sexe et de genre. Par sexe, elle entend les facteurs biologiques, comme les fonctions hormonales (lors de la grossesse et de la ménopause, par exemple), tandis que le genre recouvre un ensemble de facteurs socioculturels liés aux stéréotypes masculins et féminins, aux responsabilités familiales et à la personnalité. Les individus qui participent à ses études sont donc considérés selon de multiples dimensions. 

    «J’accorde énormément d’importance à l’équité au travail. Je cherche à développer des stratégies qui conviennent autant aux femmes qu’aux hommes, explique la chercheuse, même si, de manière générale, on observe que les femmes occupent plus souvent un emploi comportant des stresseurs psychosociaux que les hommes. Tout comme ces stresseurs ont davantage tendance à mener à des problèmes de santé mentale et à l’apparition du diabète chez celles-ci.»

    Documenter le cout des maladies chroniques directement attribuables à ces stresseurs au travail fait également partie des objectifs que s’est fixés la chercheuse lorsqu’elle a conçu le programme de recherche de sa chaire.

    «L’idée est de donner des arguments aux décideurs, de leur montrer qu’il vaut mieux prévenir que guérir, comme on dit. Si on se rend compte, par exemple, qu’en réduisant ou en éliminant le stress au travail à la source, on réduit de tel pourcentage le cout total des maladies cardiovasculaires, on peut convaincre les décideurs et les gestionnaires d’intégrer des mesures de prévention aux politiques de santé et de sécurité au travail, dans la sphère publique et le secteur privé.»


    Miser sur la prévention

    Les stratégies de prévention et de prise en charge des maladies chroniques issues des recherches de Mahée Gilbert-Ouimet ciblent quatre objets d’intervention: l’individu, notamment par le biais des programmes d’aide aux employés; le milieu de travail, dont le cadre relève des administrateurs; les politiques publiques; et, enfin, les pratiques médicales—car si les stresseurs psychosociaux ont une réelle incidence sur la santé de l’individu, il s’ensuit qu’ils doivent être pris en compte par le corps médical. 

    À ce dernier chapitre, le contexte de la pandémie de Covid-19 s’est révélé très fertile pour la chercheuse, qui, par chance, avait pu procéder à une grande collecte de données juste avant que n’éclate la crise. Ces données lui offrent ainsi une base de comparaison précieuse.

    «La pandémie a généré beaucoup de besoins en recherche sur la santé au travail, dit-elle. Le fait d’être en contact direct avec des patients atteints de la Covid-19, par exemple, peut être considéré comme un stresseur émergent pour les travailleurs de la santé. Comment évaluent-ils leur niveau de stress depuis le début de la pandémie? À quels dilemmes éthiques font-ils face? Ont-ils souffert de blessures morales? Voilà le genre de questions auxquelles je m’intéresse.»

    Ce ne sont pas les imprévus qui empêcheront la chercheuse d’exploiter pleinement le potentiel de sa nouvelle chaire, dont nous gagnerons à suivre les travaux de près.


    L’UQAR est une université du réseau de l’Université du Québec historiquement arrimée aux réalités des milieux qu'elle dessert. Avec ses campus à Lévis et à Rimouski, elle offre des programmes de formation à tous les cycles dans des disciplines variées à près de 7000 étudiantes et étudiants et se distingue par l’accessibilité et la qualité de ses formations ainsi que par l’encadrement des étudiantes et des étudiants. Elle se démarque par son rayonnement en recherche autour de ses trois axes d’excellence que sont les sciences de la mer, le développement régional et la nordicité, mais aussi dans de nombreux domaines des sciences naturelles et du génie, des sciences humaines et sociales ainsi que de la santé.


    Ce contenu, réalisé par le Studio A10 dans le respect de ses lignes directrices, a été commandité par l'UQAR.

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