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SUCO: s’engager pour combattre l’écoanxiété

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SUCO: s’engager pour combattre l’écoanxiété

En cette époque troublante marquée par l’incertitude climatique, plusieurs ressentent le besoin de s’engager concrètement dans la lutte aux changements climatiques. C’est le cas de l’organisme de coopération internationale SUCO.

Pour Maureen Ogeard, chargée de projet à la programmation nationale chez SUCO, l’avenir dépendra de notre capacité à apprendre les un·e·s des autres et à donner aux femmes leur juste place. Une bonne fois pour toutes.


Dans votre travail, vous êtes directement confrontée à l’impact des changements climatiques. Comment parvenez-vous à combattre le stress qui en découle?

Grâce à la force du nombre! Rien de mieux pour combattre l’anxiété que de s’allier et de diviser les grosses problématiques en petits gestes concrets. Plus que jamais, l’heure est à la solidarité, à l’inclusivité et au respect, et ça, les jeunes le savent. Mon travail consiste principalement à sensibiliser les Canadiens et Canadiennes au moyen d’ateliers et d’initiatives visant à informer et outiller la jeunesse, déjà très intéressée par la cause humaine et environnementale. C’est la jeunesse qui a propulsé SUCO en 1961, et c’est toujours le cas aujourd’hui. C’est très valorisant pour moi de savoir que l’on contribue à sensibiliser, éduquer et outiller des jeunes à partir de 12 ans. Avec nos ateliers, on parvient à vulgariser pour eux et elles de grands enjeux sociaux et environnementaux qui peuvent faire peur, à première vue, en leur montrant qu’ils et elles sont parfaitement capables de les comprendre. Apprendre, avoir accès aux bonnes informations, s’unir et se mettre en mouvement sont d’excellentes façons de lutter contre le sentiment d’impuissance. 


L’un de vos outils pour faire face à la transition, c’est l’implantation de systèmes alimentaires viables. Qu’est-ce que c’est, concrètement?

Il s’agit de systèmes capables d’assurer la sécurité alimentaire pour tout le monde, et dans lequel la production et la consommation s’appuient sur des bases économiques, sociales et environnementales qui ne diminueront pas la capacité des générations futures à se nourrir elles aussi. Visant à combattre les problèmes d’injustice causés par le système agro-industriel dominant actuel, ils comprennent cinq facettes distinctes et interdépendantes.


Quelles sont ces cinq facettes?

Tout d’abord, la production: celle-ci regroupe les questions d’agroécologie, d’économie de l’eau, de reconnaissance et de valorisation du métier d’agriculteur·trice, de partage des savoirs et de formation des futur·e·s travailleurs·euse·s de l’industrie. Ensuite, il y a la transformation, soit tout ce qui concerne l’écoresponsabilité, la fabrication de produits locaux et la mise en place de circuits courts. Vient ensuite la commercialisation, qui englobe par exemple les bonnes pratiques et la détermination de prix raisonnables qui permettent de rémunérer les producteur·trice·s adéquatement tout en demeurant justes pour les consommateur·trice·s—une facette cruciale quand on sait qu’à l’échelle mondiale, 50% des agriculteur·trice·s n’ont pas les moyens de se nourrir convenablement. Les systèmes alimentaires viables comprennent également un volet consommation, axé sur la diminution du gaspillage, une conscience accrue de la provenance des produits et, finalement, tout ce qui touche à la gestion et à la valorisation des déchets et matières résiduelles.


Est-ce que les Québécois·ses et Canadien·ne·s sont suffisamment conscient·e·s de la nécessité d’encourager de tels systèmes?

On pense trop souvent—à tort—que la manière dont on produit et consomme au Québec, ou au Canada, n’a pas d’incidence sur ce qui se passe à l’international. Pourtant, tout est interrelié et fait face aux mêmes enjeux, notamment l’impact des changements climatiques sur l’agriculture. Si on en ressent déjà les effets à l’échelle locale, on est loin d’être dans la position la plus vulnérable. Nous sommes de plus en plus nombreux·ses à nous sentir non seulement directement concerné·e·s par l’injustice et les inégalités, mais également responsables du sort des habitant·e·s de notre planète. Ce besoin de changer les choses, de s’atteler à la tâche, est un important moteur d’engagement parmi nos volontaires et bénévoles. 


Comment SUCO collabore-t-elle avec ses différents partenaires à l’étranger?

À l’international, notre approche s’appuie sur l’expertise locale et le renforcement de l’autonomie des personnes, des organisations et des collectivités. En collaborant avec des partenaires locaux et locales bien implanté·e·s dans leur pays, on mise sur le partage des savoirs. On parle beaucoup de décolonisation de l’aide, depuis quelques années, et je crois qu’il est important de le faire. En résumé, on n’est pas là pour prétendument «sauver le monde» ni pour imposer les méthodes et savoirs dominants, mais bien pour apprendre de nos partenaires et des populations locales, les accompagner, les soutenir et contribuer au rayonnement de leurs initiatives. Il n’y a pas qu’un seul chemin, pas qu’une seule réponse, et l’avenir dépendra de notre capacité à réellement travailler ensemble vers un but commun. Pour ce faire, SUCO adopte une approche stratégique de proximité, en soutenant les initiatives locales qui bénéficient aux personnes sur le terrain. Les femmes, très présentes dans les champs, sont généralement absentes des processus décisionnels; l’avancement de la cause féministe est l’une de nos valeurs fondatrices. 


SUCO est soutenu financièrement par Affaires mondiales Canada et le ministère des Relations internationales et de la Francophonie. Pour plus d’informations ou pour vous impliquer, visitez suco.org.


SUCO est une organisation de coopération internationale établie à Montréal depuis 1961. Présente dans 11 pays, elle rassemble des gens, des savoirs et des ressources pour bâtir des systèmes alimentaires viables et renforcer la résilience climatique, en s’assurant que la réalité des femmes est prise en compte et qu’elles participent aux décisions.


Ce contenu, réalisé par le Studio A10 dans le respect de ses lignes directrices, a été commandité par SUCO.

Pour consulter les autres articles collaboratifs: atelier10.ca/nouveauprojet/type/partenaire

Cinq projets phares de SUCO, ici et ailleurs 


Transition: ton engagement pour l’environnement (Canada)

Transition est un programme destiné aux jeunes de 12 à 30 ans et axé sur la sensibilisation et la mobilisation face aux enjeux environnementaux pour un monde plus inclusif, juste et viable.

Pour plus d’information: suco.org/passez-a-laction


Ciné-Vert (Canada)

Initié par SUCO et Funambules Médias, Ciné Vert est un projet de nature artistique et sociale dédié à la transition écologique par le biais du documentaire et de l'animation. 

Pour plus d'information: cinevert.org


  • credit: Photo: Aja Palmer
    Photo: Aja Palmer

Apprenons la souveraineté alimentaire (Burkina Faso)

En collaboration avec l’association Yelemani, ce projet mise sur la sensibilisation à la souveraineté alimentaire et l’apprentissage pratique de l’agroécologie par plusieurs groupes d’élèves d’âge primaire à Ouagadougou, au Burkina Faso.

Pour plus d’informations: yelemani.org


Formagro (Pérou)

Formagro, réalisé au Pérou et financé par Affaires mondiales Canada, a mené à l’amélioration des conditions de vie de plus de 2 000 jeunes entre 16 et 35 ans et de 10 000 personnes grâce à diverses initiatives encourageant l’activité agricole. 

Pour plus d’informations: suco.org/blogue/formagro-un-nouveau-projet-au-perou


  • credit: Photo: Carlos Ly
    Photo: Carlos Ly
  • credit: Photo: Garry Laurent
    Photo: Garry Laurent

PROFI Femmes et Jeunes (Haïti)

Basée sur une approche agroécologique qui tient compte des savoirs locaux et des conditions physiques et climatiques propres à Haïti, l’initiative PROFI vise l’augmentation de la production alimentaire et du revenu des familles pour améliorer la sécurité alimentaire et la résilience face aux changements climatiques. 

Pour plus d’informations: suco.org/blogue/demarrage-en-haiti-du-projet-profi-femmes-et-jeunes/

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