Trois idées

credit: Curtis Adams
Curtis Adams
Publié le : vendredi 15 mars 2019

Trois idées

Un résumé de trois idées fortes tirées de publications récentes.


Les nouvelles technologies menacent la démocratie

La démocratie n’est pas un droit inaliénable. Malgré son succès incontestable depuis plus d’un siècle, elle est, historiquement, l’exception plutôt que la règle. Les monarchies, oligarchies et autres régimes autoritaires ont été bien plus communs.

Alors que progresse le 21e siècle, les technologies de l’information connaissent des avancées toujours plus prodigieuses. Les biotechnologies, elles, sont de plus en plus aptes à expliquer de manière scientifique nos émotions, nos pensées, voire les choix que nous faisons. Ensemble, ces deux formes d’ingénierie créeront des bouleversements sans précédent au sein de nos sociétés, faisant fi de notre libre arbitre et allant jusqu’à modifier nos besoins. Dans ce contexte, les démocraties libérales et l’économie de marché pourraient devenir obsolètes.

Le risque, ultimement, est que nous devenions semblables à des animaux domestiques. Dociles et productifs, mais moins agiles, moins curieux et moins débrouillards que leurs—nos—ancêtres sauvages. Nous sommes en train de devenir des êtres obéissants qui produisons des quantités astronomiques de données, sans pourtant jamais maximiser notre potentiel en tant qu’humains. Si nous ne sommes pas vigilants, nous risquons de devenir des sous-humains utilisant à mauvais escient des superordinateurs qui s’attaqueront entre eux et au monde lui-même.

Notre seul rempart contre cette nouvelle forme de tyrannie numérique: un meilleur contrôle de nos données personnelles. Dans ce combat, nous aurons besoin de l’aide des scientifiques et des avocats, mais aussi des philosophes et des poètes. Notre tâche sera de trouver des manières d’empêcher que trop de données ne se retrouvent concentrées entre les mains d’un trop petit nombre d’entreprises et de milliardaires. Ce ne sera pas facile, mais ce sera la seule manière de préserver nos démocraties.

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Nos privilèges causent des préjudices à autrui

«Check your privilege», rappelle-t-on souvent dans certains milieux de gauche. Mais être privilégié (parce qu’on est blanc ou homme, ou un homme blanc, ou parce qu’on vient d’un milieu aisé, etc.), cela ne veut pas dire qu’on a toujours tort devant les gens qui n’ont pas -bénéficié de ces mêmes avantages. Cela veut dire, cependant, qu’il y a de fortes chances qu’il nous manque certains éléments de compréhension pour bien gérer les situations auxquelles nous faisons face.

Ce qu’on nous demande, lorsqu’on nous dit d’être conscients de nos privilèges, c’est de prendre le temps de réfléchir à la manière dont les avantages que la vie nous a offerts ont une influence sur nos opinions et sur nos gestes, ainsi que sur la qualité globale de l’existence à laquelle nous avons accès. De prendre le temps, aussi, de constater que l’absence de certains désavantages nous empêche de comprendre totalement les obstacles que d’autres ont eu à affronter—et même, d’ailleurs, que nous contribuons nous-mêmes de diverses façons au maintien de ces obstacles.

C’est une tâche difficile que de prendre pleinement conscience de nos privilèges. Cela peut même être douloureux. Mais c’est infiniment plus plaisant que de subir les privilèges inconscients d’autrui. Ne l’oublions jamais: le revers de nos privilèges, ce sont les préjudices vécus par celles et ceux qui n’ont pas eu la même chance que nous dans la grande loterie existentielle.

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