Ce qu’on écoute—janvier 2026

Ce qu’on écoute—janvier 2026
Goodbye Karelle, The Liquor Store, Gab Bouchard, Nawfal et Kheir, Cadre bâti: voici de nouveaux albums de musique et un balado qui ont fait vibrer ce mois-ci l’équipe de collaborateur·trice·s de Nouveau Projet.
Knuckle-Breaker Maxxx
Goodbye Karelle
(Simone Records)
Goodbye Karelle, c’est le projet musical de Karelle Tremblay, qui brille également comme interprète au cinéma et à la télévision. En 2023 paraissait son premier album, Hugh Greene & the Lucies Made Me, l’artiste, qui depuis longtemps rédigeait de courts textes sur les plateaux de tournage, y dévoilant un univers musical indie-folk sobre, brut, intime. Sur Knuckle-Breaker Maxxx, le son de Goodbye Karelle s’est grandement étoffé, tout en préservant une facture exempte de fioritures: s’y déploie une pop alternative envoutante nappée d’arrangements électros minimalistes (que signe le beatmaker Zachary Beaudoin), ses mélodies conjuguant influences indie-rock—irrésistibles Adi, Fun Part, Oxyballad et Moving On pour ma part—et rap, dans le flot et les sonorités plus incisives de Nice Run Bird et Ken Park. Goodbye Karelle, dont la voix grave mi-chantée, mi-parlée, un brin éraillée, sied à la sensualité tout intimiste imprégnant son répertoire, a trouvé en la musique l’exutoire idéal pour exprimer ses questionnements sur son identité de genre, l’amour, le désir.
— Caroline Bertrand, cheffe de pupitre et journaliste, Nouveau Projet
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Modifier mes préférencesRight Place Wrong Time
The Liquor Store
(Indépendant)
Alors que les albums précédents de Liquor Store étaient principalement instrumentaux, le nouvel opus mise sur de multiples collaborations vocales qui enrichissent considérablement leur palette sonore. L’entraînante pièce d’introduction, Movin’ with You, en collaboration avec le rappeur Darkus Millon, ouvre irrésistiblement la porte d’un univers dans lequel on a envie de plonger sans retenue. Les lignes de cuivres, percutantes et mélodieuses, viennent ponctuer l’ensemble des chansons pile quand il le faut. Naviguant entre R&B, hip-hop et jazz, ce groupe propose une approche rafraîchissante portée par un travail de production exceptionnel. Grâce à son rythme plus lent et sa touche de douceur, la pièce If I Knew About It, interprétée par Malia Laura, offre une pause bien méritée au milieu des propositions explosives de cet album à écouter le volume dans le tapis, en voiture ou au salon.
— Amélie Labrosse, coordonnatrice, Nouveau Projet
Encore encore
Gab Bouchard
(Bravo Musique)
Voilà un troisième opus mémorable signé Gab Bouchard—«un album qui respire, une puff d’air frais», dixit le communiqué, avec lequel on ne pourrait être plus au diapason. Manifestement, l’âme jadis écorchée à vif de Triste pareil (2020) semble s’être apaisée. Dépourvu d’artifices, Encore encore est en effet traversé d’une lumière nouvelle, enraciné dans la chaleur organique et réconfortante du rock, du folk, du blues, du country (sous l’influence des emblématiques Bob Dylan et Rolling Stones). Fidèles au poste, les guitares stridentes, saturées du moustachu rockeur ne manquent de ponctuer les pièces de leurs rugissements jouissifs. Depuis le poignant Grafignes (2022), l’auteur-compositeur-interprète a déserté les cieux montréalais—et ses sources d’intempérance—au profit du ciel étoilé de son Saint-Prime natal, au Lac-Saint-Jean, où il s’est bâti son propre studio, l’Àcause, y enregistrant avec le plus de naturel possible Encore encore, se détournant de ses tourments pour réfléchir au monde autour. Ne reste qu’à suivre le judicieux conseil du Janois dans ses remerciements: «écoutez ça loud dans un système de son de votre choix».
— Caroline Bertrand, cheffe de pupitre et journaliste, Nouveau Projet
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Photo: BLPSOUL
blues beldi
Nawfal et Kheir
(BLPSOUL)
Après un premier minialbum qui révélait une partie de son potentiel (Secteur Nord, 2022), Nawfal y va d’une belle introspection sur ce deuxième projet à la richesse sonore puissante, fruit d’une foisonnante rencontre artistique avec le producteur montréalais Kheir. Le rappeur québécois rend ici hommage à ses racines multiples–racines qui se situent au carrefour de deux continents: l’Amérique et l’Afrique. De là ce titre, blues beldi, faisant référence à la fois au genre musical iconique américain et à ce terme désignant «traditionnel» ou «authentique» en arabe dialectal. Le rappeur d’origine marocaine, qui habite Montréal depuis l’âge de quatre ans, construit au fil des dix chansons une passerelle socioculturelle qui, en mots comme en musique, témoigne d’une fascinante recherche identitaire.
— Olivier Boisvert-Magnen, collaborateur, Nouveau Projet
Cadre bâti
Réalisé par Maude Cournoyer
Coprésenté par Guillaume Éthier et Emile Forest
La ville. Elle est à ce point partout autour de nous qu’on ne la voit plus. Sauf peut-être pour s’en plaindre, quand elle ne livre pas ses promesses de commodité et de fluidité au quotidien. C’est à une vision beaucoup plus large, à la fois plus fonctionnelle, sociale, sensorielle—mais prioritairement humaine—, que nous invite l’équipe du balado Cadre bâti, au rythme tranquille de quatre ou cinq épisodes par an. Pas d’actualité particulière, mais une pertinence renouvelée pour tous les sujets abordés, toujours avec le soutien d’un·e invité·e, urbaniste, architecte, sociologue, politicien·n·e. Il faut écouter Stéphane Boyer défendre des quartiers sans voiture, Pierre Thibault parler d’inspiration et d’émerveillement, ou encore le philosophe de la ville Thierry Paquot nous donner un véritable cours sur la formation de l’urbain dans un mode d’abord agricole.
— Maud Brougère, directrice éditoriale, Pièces








