Comment ne pas être cool

Audrey Pageau-Marcotte
 credit: Photo: Maky Orel
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Comment ne pas être cool

Bien des gens éprouvent un plaisir certain à regarder des vidéos cringe, mais personne ne voudrait faire l’objet d’un mème viral ou d’un sketch du Bye Bye pour autant. À l’ère de TikTok, des gens contournent leur peur de passer pour quétaines, et de devenir la cible de moqueries, en ajoutant une seconde couche d’ironie à leurs contenus. Explication d’un phénomène web de moins en moins niché.

Considéré dans ce texte

Les différents niveaux d’ironie. L’impact culturel de la série The Office. Le méta-cringe. Les Crocs. La fois où Sophie Grégoire a poussé la chansonnette à Ottawa. Lisa LeBlanc et son virage disco.

Il m’arrive parfois, par curiosité, de consulter la section Souvenirs de mon profil Facebook. En relisant mes vieux statuts, je finis presque tout le temps par grimacer d’embarras. Comment ai-je pu croire que publier ce statut («Audrey PM regarde des lolcats #mercilavie») était une bonne idée? Cette affirmation sincère de mon amour pour les mèmes de chats, jumelée avec le mot-clic le plus cliché du monde et exprimée à la troisième personne, la formule typique des débuts de Facebook, me donne à présent envie de creuser un trou dans le sol et de m’y ensevelir à jamais. Cette réaction à la fois physique et émotionnelle, c’est le cringe

Le terme est aussi employé quand on veut qualifier des contenus qui provoquent une gêne par procuration chez ceux et celles qui les regardent. C’est d’ailleurs une forme d’humour particulièrement prisée en télévision, qu’on songe aux téléréalités ou encore aux comédies ironiques (pensons aux séries The Office ou, chez nous, Like-moi! et Complètement lycée).

Au cours des 20 dernières années, ce genre d’humour a gagné en popularité, au point de donner naissance à ce qu’on appelle la culture du cringe, qui décrit le penchant d’une bonne partie de la société à tirer du plaisir ou de la fascination à regarder le comportement maladroit ou embarrassant de quelqu’un d’autre ou de soi-même. Le tout s’est rapidement développé sur les réseaux sociaux, où les contenus de ce type abondent.

Danses maladroites, mises en scène gênantes, blagues qui tombent à plat: le cringe est devenu à la fois une source de divertissement et un miroir de nos propres peurs d’exclusion sociale. Ce qui mérite d’être qualifié comme tel reste, cependant, subjectif.

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