Des femmes et des lettres

Maude Nepveu-Villeneuve
credit: Illustration: Eva Coste
Illustration: Eva Coste
Publié le : mardi 12 septembre 2017
Commentaire

Des femmes et des lettres

Des voix s’élèvent pour dénoncer le sexisme que subissent les femmes dans de nombreux domaines: politique, musique, gastronomie. Le milieu littéraire québécois échapperait-il miraculeusement à cette iniquité rampante?

Considéré dans ce texte

Les femmes dans le milieu littéraire québécois. Virginia Woolf. Les invitations à Tout le monde en parle. Les classiques qu’on enseigne à l’école. La vulnérabilité, l’amour, la bibliothérapie (ou les sujets qui ne seront jamais abordés dans une table ronde d’auteurs masculins).

Il y a deux ans, Justin Trudeau présentait un Conseil des ministres paritaire à Rideau Hall. «Parce qu’on est en 2015», a-t-il répondu simplement lorsqu’on lui a demandé de justifier sa décision. Le geste comme la formule ont inspiré un flot de chroniques sur la place des femmes en politique, de même qu’une réflexion plus large sur leur sous-représentation dans divers domaines.

Visiblement, la question de la parité était dans l’air du temps; les initiatives visant à remettre en question le statuquo se sont multipliées ces dernières années. Des organisations se sont formées—dont les collectifs Femmes pour l’équité en théâtre et Femmes en musique—et des mesures concrètes ont été établies. Un exemple parmi d’autres: le patron de l’Office national du film, Claude Joli-Cœur, s’est engagé à ce que 50% des productions de l’organisme soient désormais réalisées par des femmes, avec 50% des budgets. Le changement est en marche, avec ce que cela implique de réjouissances, d’inquiétudes et de débats houleux sur les réseaux sociaux.

Parallèlement, le Conseil des arts du Canada (CAC), acteur incontournable du financement de la culture au pays, vient d’achever la refonte de ses programmes de subvention. Dans la nouvelle mouture du programme de soutien à l’édition littéraire, on accorde une attention particulière—30% de la note finale—à «l’impact» de la maison d’édition candidate, comprenant:

l’engagement de [l’organisme] à refléter, dans [ses] choix éditoriaux, [sa] structure organisationnelle et le dévelo-ppement de [son] lectorat, la diversité du Canada, notamment en incluant les peuples autochtones, les groupes de diverses cultures, les personnes sourdes ou handicapées et les com-munautés de langue officielle en situation minoritaire.

On ne peut que saluer ce choix du CAC de mettre en lumière l’importance de la représentativité. L’homogénéité est un problème criant dans le monde lit-téraire, comme ailleurs dans le milieu artistique—à la télévision et au cinéma, par exemple. Même si l’usage du mot «notamment» ouvre la porte à d’autres groupes, on remarque toutefois un certain nombre d’absents dans cette «liste de la diversité», à commencer par celles qui forment la plus grande part du lectorat québécois: les femmes.


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