Quand la guerre frappe à la porte

Adrien Beauduin
credit: Photo: Roman Koziel
Photo: Roman Koziel
Publié le : jeudi 25 août 2022
Correspondances

Quand la guerre frappe à la porte

Prague, Tchéquie

Adrien Beauduin dresse un portrait de son expérience en tant qu’interprète bénévole en Tchéquie, au moment de l’invasion de l’Ukraine.

  • credit: Illustration: Pierre-Antoine Robitaille
    Illustration: Pierre-Antoine Robitaille

La guerre m’a surpris tard le soir du 23 février dans un bar du Mile End, quand un coup d’œil sur mon téléphone m’a appris qu’une pluie de missiles s’abattait sur toute l’Ukraine. L’invasion russe, tant discutée, venait d’être déclenchée.

Une semaine plus tard, je suis à la gare de Prague pour accueillir les premier·ière·s réfugié·e·s qui affluent depuis les villes de Kharkiv, Kyiv, Tchernihiv, Soumy, menacées par les chars et les bombes russes.

Ils et elles racontent leur fuite, entre trains bondés et attente interminable aux frontières. À la Gare centrale de Prague, les bénévoles tentent d’organiser l’accueil tant bien que mal. Entre les activistes, la Croix-Rouge et les autorités locales, la communication semble difficile. Le chaos est total.

Avec une équipe d’interprètes affublé·e·s de dossards orange, je scrute le tableau d’affichage des trains venant de l’est. Puis je cours d’un bout à l’autre de la gare, pour tenter d’orienter les gens qui débarquent dans cette pagaille.

Une femme au visage ouvert par une blessure sanglante titube en sortant d’un train, soutenue par des bénévoles. Plus tard, une famille me confie qu’elle vient de recevoir des nouvelles de ses voisin·e·s: son appartement a été éventré par une bombe deux jours après son départ de Kharkiv.

En fin de soirée, une mère et son fils de trois ans, Dacha et Makar, manquent leur train pour Hanovre, en Allemagne, où une amie les attend. Ma copine et moi proposons à Dacha de passer la nuit chez nous. Elle semble soulagée à l’idée de dormir dans un lit pour la première fois en trois jours.

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