Enjeux autochtones: mieux transmettre

Anne-Marie Luca
credit: Illustration: Audrey Malo
Illustration: Audrey Malo
Publié le : mardi 12 septembre 2017
Entrevue

Enjeux autochtones: mieux transmettre

Native d’une communauté crie de la Saskatchewan, Nakuset fait partie du Sixties Scoop: entre les années 1960 et 80, des milliers d’enfants autochtones ont été enlevés à leurs parents par le gouvernement canadien pour être placés dans des familles blanches. Adoptée à trois ans par une famille juive qui cherchait à nier ses véritables origines, elle est aujourd’hui directrice du Native Women’s Shelter à Montréal. Elle consacre sa carrière à sensibiliser le plus de gens possible sur les enjeux autochtones.

Vous avez grandi sans connaitre vos origines. Comment vous êtes vous réapproprié votre culture?

Je savais que j’étais Autochtone et j’en étais fière—mais avec prudence, car c’était honteux à l’époque de s’intéresser à cette culture. Mon frère et ma sœur adoptifs étaient blonds, et pour expliquer mes cheveux foncés, mes parents adoptifs voulaient que je me dise Israélienne. À 12 ans, je suis allée à l’école Weston, où il y avait beaucoup d’enfants mohawks de Kahnawake. Ils me ressemblaient. J’avais envie qu’ils m’apprennent leur langue, leur culture… Pourtant, par la suite, j’ai longtemps ignoré mes origines par peur de ne pas être acceptée. Jusqu’à 21 ans, quand j’ai vu le film Danse avec les loups et que j’ai décidé de renouer avec mes racines. J’apprenais de chaque personne autochtone que je côtoyais. J’ai même demandé à un ainé mi’gmaq de me baptiser. Il a choisi le nom Nakuset, qui signifie «soleil». Ma grand-mère adoptive m’a aussi encouragée à rencontrer ma famille biologique.


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